lundi 7 juin 2021

Bella Ciao, sur les traces d'Angelo Ricco







Avec « Les Acacias Blancs de Gelsa » en 2014, puis « Carmen&Emilio » en 2019, j’avais commencé une trilogie sur les étrangers ayant participé à la Résistance en Dordogne, principalement des Espagnols.

 

Cette nouvelle biographie, Bella Ciao, consacrée à Angelo Ricco, combattant antifasciste venu d’Italie dans les années 30 boucle donc cette « mini-série » comme l’on dirait aujourd’hui du côté de Netflix ou d’Amazon. Sauf qu’ici, rien n’appartient à la fiction, tout est vrai de A à Z.

 

Ce sont des personnages exceptionnels qui ont laissé leur empreinte, mais leurs actes courageux au profit de la lutte contre les nazis et les miliciens (qui étaient leurs complices actifs sur le sol français !)  sont surtout connus des historiens. Pas du grand public.

 

J’ai voulu leur rendre hommage, et pour cela les sortir de l’oubli dans lequel ils étaient tombés, parce qu’ils ont risqué leur vie et accompli des prouesses militaires insensées pour libérer un pays qui, en fin de compte, n’était pas le leur. Si José Gonzalvo (le héros des Acacias Blancs de Gelsa, que j’ai personnellement connu et longuement interviewé), si Carmen et Emilio Alvarez, ont fait leur vie en France après-guerre, il n’en pas été de même pour Angelo Ricco dont je viens de publier une biographie totalement inédite, comme les deux précédentes d’ailleurs.

 

Angelo Ricco. Un profil à la Che Guevera, né en Italie en 1912, enrôlé malgré lui par Mussolini, et rapidement déserteur. Un personnage extrêmement charismatique, adoré par ses hommes, mais décrié pour un certain nombre d’exécutions liées à l’épuration encadrée pourtant par la Résistance. J’ai montré toutes les facettes du personnage, avec ses glorieux exploits, mais aussi ses zones d’ombre.

 

Le journaliste Yohan Doucet (la Charente Libre) qui a été l’un des premiers à écrire sur « Bella Ciao » a titré son article « Angelo Ricco, ô sombre héros de la guerre ». Je crois qu’on ne pouvait pas trouver mieux pour résumer le parcours  prodigieux mais hors normes de ce personnage fascinant de la Résistance.

 

Bella Ciao, Christian Bélingard, Editions Sud-Ouest, mai 2021


présentation de "Bella Ciao" sur France 3 (jeudi 3 juin 2021)




lundi 1 avril 2019

Carmen&Emilio au coeur de la Résistance



Une fois n'est pas coutume, je viens vous parler d'une de mes propres nouveautés publiée le 25 janvier 2019 par les Editions Sud-Ouest.

C'est une histoire vraie. En 1939, un jeune couple de Madrid, pris dans la tourmente de la guerre d'Espagne, doit fuir vers la France. C'est la Retirada qui conduit près d'un demi-million d'hommes, de femmes et d'enfants, à s'exiler. Carmen et Emilio sont séparés,  mais ils parviennent à se retrouver. Ils vont alors s'impliquer dans la Résistance en Périgord et braver tous les dangers, traqués par les soldats allemands et les miliciens français, avec deux enfants en bas-âge qui les suivent dans leur insidieux parcours.

Carmen & Emilio est une double biographie qui insiste beaucoup sur le parcours d'une jeune madrilène qui a connu très jeune les difficultés , la pauvreté, l'insécurité, alors que la République espagnole, porteuse d'espérances pour les classes les plus pauvres, est rapidement mise à mal et renversée par le coup d’État du général Franco en juillet 1936.

Plus tard, en France, alors que l'exil a été inévitable, Carmen n'hésite pas à s'engager, devenant un exceptionnel agent de liaison au service d'Emilio, devenu commandant des maquis de Dordogne.

Il y a dans ce récit des références aux événements de l'époque mais aussi et surtout une extraordinaire histoire d'amour.

pour en savoir plus et commander:
https://christianbelingard.wixsite.com/carmenetemilio

dimanche 23 septembre 2018

La révolte de Clara Dupont Monod


Sous la plume de Clara Dupont-Monod, l'épopée d'Aliénor d'Aquitaine racontée par son fils Richard est passionnante. On éprouve une empathie exceptionnelle pour ces personnages historiques qui continuent à nous fasciner des siècles plus tard... C'est que l'histoire d'Aliénor, d'abord épouse de Louis VII, roi de France, puis d'Henri II Plantagenêt quand il était sur le point d'accéder au trône d'Angleterre, n'est pas banale. On y a vu une figure politique féminine sans précédent, une guerrière courageuse, mais aussi une femme éprise de littérature qui a su encourager l'art des troubadours en langue d'oc, faisant franchir à ceux-ci la postérité sur ses propres traces. Il est vrai que son grand-père fut lui même un des premiers troubadours.

Ce récit est porté par un souffle épique, du début à la fin, et l'auteur sait nous captiver sans jamais ennuyer le lecteur. Son style est fluide, on suit pas à pas le destin d'Aliénor et plus particulièrement celui d'un de ses dix enfants qu'elle chérissait probablement plus que tous les autres, Richard Coeur de Lion.

Bien sûr on retrouve celui qui affronta Saladin lors d'une croisade restée célèbre, avant de succomber d'un trait d'arbalète quelque part au pied d'une forteresse située en Limousin. On trouvera dans la bataille livrée par le roi Richard à proximité de Jérusalem où il ne voulut pas s'installer, au lendemain de sa victoire, des détails particulièrement intéressants sur la stratégie militaire déployée à cette occasion.

"La révolte" se présente comme un des meilleurs livres de l'année. On peut lui souhaiter tout le succès qu'il mérite.